LA REVOLTE DE 1811 A SAINT-LEU

Du 5 au 8 avril 1811, alors qu’elle est sous domination anglaise, l’île va connaître la seule révolte d’esclaves effectivement réalisée à Bourbon. Plus de trois cents esclaves, essentiellement de la commune de Saint-Leu, à l’Ouest, vont se rebeller contre leurs maîtres. La répression sera très dure: au moins une trentaine d’esclaves décèdera lors des combats et autant en prison: 145 esclaves seront emprisonnés, 25 seront condamnés à mort et 15 décapités à la hache dans cinq communes de l’île.

La composition ethnique des insurgés reprend celle de la commune de Saint-Leu au début du 19e siècle. Les révoltés sont aussi bien des commandeurs que des noirs de pioche ou des artisans. 

Cette révolte, loin d’être un mouvement de colère spontanée, fut organisée, pensée et mise en place lors des rassemblements quotidiens des esclaves venus chercher de l’eau au bassin Missouk, à l’abri du contrôle des maîtres mais pas de celui d’esclaves traitres.

Une autres source de l’insurrection se trouve dans la zone de l’Etang-Salé où de nombreux esclaves dits du Gol mais en réalité des Avirons furent regroupés pour des travaux d’extraction de bois pour un bateau anglais, le Windham. Des propriétaires de Saint-Leu et de ce qui à cette époque s’appelle Saint-Louis, furent regroupés durant de longues semaines. Plusieurs d’entre eux partirent « maron » peu après et se retrouvèrent à la geôle de Saint-Paul durant plusieurs semaines; parmi eux, de février à avril 1811, Elie, Gilles et plusieurs esclaves arrêtés en novembre 2011. C’est également à cette occasion que de nouveaux contacts furent établis avec des esclaves de la zone de Saint-Paul.

Le complot ayant été dénoncé par l’esclave Figaro, sa mise en œuvre fût précipitée.

Malgré  son échec, cette révolte aura une influence importante dans les années suivantes. Plus de cinquante ans après, le Maire de Saint-Leu consacre  à cet évènement près du quart de son ouvrage sur l’histoire de Saint-Leu.

Cette insurrection fut également une histoire de familles d’esclaves.

En 2011, le bicentenaire de cette révolte fut célébré sur toute l’île, et en particulier à Saint-Leu sous l’égide du Kolèktif Lané Eli et du Komité Eli.

 

 

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